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ALTERMONDE

Regard d'Actu

  • 27 oct. 2022


Quel mois d'octobre ! Un véritable octobre rouge...


La Russie a notifié aux Etats-Unis des exercices nucléaires "de routine", a indiqué en début de semaine le département d'Etat américain. «Les forces de dissuasion stratégique terrestres, maritimes et aériennes ont mené un entraînement et des lancements pratiques de missiles balistiques et de croisière ont été effectués», a commenté le Kremlin. Est-ce un signal de désescalade verbale sur fond de rodomontades nucléaires répétées ? Ou bien une énième tentative d'intimidation du Kremlin ?

Quelques jours plus tôt l’opérateur nucléaire ukrainien suspectait les Russes d’avoir enlevé deux employés haut placés de la centrale de Zaporijjia. Les tensions sur le nucléaires civiles sont fortes.


Chaud côté affimations nucléaires, octobre l'est tout autant côté météo.


Les thermomètres se sont affolés en ce mois d'octobre, le Sud-ouest connaît des températures supérieures à 27°C, le Sud-est proche des 25°C et même le Nord joue avec les 20°C, à moins d'une semaine de la Toussaint. Nous sommes bien loin des frimas traditionnels et des chrysanthèmes givrés ! Les températures virent au rouge.


Ceux qui proclament l'emballement parce que les normales saisonnières sont terrassées de 4 à 5°C se trompent tout autant que ceux qui s'empressent de nier le réchauffement dès qu'une températures s'inscrit en dessous des normales. Les uns et les autres oublient que les températures que nous percevons sont l'addition d'aléas climatiques normaux et d'une hausse tendancielle des températures elle-même composée d'aléas. Une très classique mathématique ondulatoire. Comme deux séries de vagues qui se percutent à la surface de l'eau créent des vagues et des creux amplifiés tout autant que des zones calmes.


Il n'en reste pas moins vrai que nous connaissons probablement le mois d'octobre le plus chaud répertorié. Ceci nous rappelle que plus la hausse tendancielle des températures (actuellement +1,1°C) plus les écarts seront amplifiés. Il ne nous reste plus que 8 années pour baisser de 45% nos émissions de CO2.





Les Jets privés sont-ils les super-gloutons de l'hyper modernité ? Le débat qui embrase la presse et les réseaux sociaux concernant les jets privés est très intéressant et révélateur.

Non pas pour les volumes de CO2 émis en jeu. L'ensemble des vols en jet privé pèse moins de 0,2% des émissions mondiales. Et donc même si on interdisait définitivement ces vols, il nous resterait encore 44,8% des émissions à réduire d'ici 2030.


Ceci dit le fait qu'un passager en jet privé émette 20 à 30 fois plus de CO2 par kilomètre parcouru que l'avion commercial ou la voiture particulière (qui sont peu ou prou sur les mêmes niveaux) est une donnée significative qui incite à agir sur ces déplacements, tant en terme d'efficacité que de justice. Peut-on demander des efforts à tous si quelques-uns en sont dispensés, qui plus est s'ils sont sur-émetteurs ?


Mais le débat devient spécialement intéressant quand on réalise qu'à travers lui, c'est la première fois que le système capitaliste est pointé du doigt pour son rôle dans les émissions de CO2.


Les émissions de CO2 resultent d'un usage non raisonné car non calculé. Jusque très récemment l'équation économique capitaliste ne prenaient pas en compte les coûts environnementaux. Et la maximisation du profit sous-jacent au capitalisme induit des gaspillages énormes, un pillage des ressources et des déchets pléthoriques. Tout simplement parce que ces trois réalités sont des externalités qui n'entrent dans aucun calcul et a fortiori pas le PIB, chiffre mythique du système économique mondial actuel.


La question des émissions de CO2 des jets privés des milliardaires a donc le mérite, même si c'est par le petit bout de la lorgnette, d'établir des liens.


Mieux ces liens sont particulièrement intéressants à observer. Car les traqueurs de jets qui fleurissent sur la toile donnent les noms et publient des niveaux d'émissions. Ainsi le mode de vie des ultra-riches est dénoncé, et pas seulement quelques industriels puissants. Les 5 jets privés les plus polluants de la planète réservent quelques surprises : deux capitaines d'industrie : Bill Gates et Jeff Besos. Et trois personnalités du monde du spectacle : Jay-Z, Kim Kardashian et Drake.

C'est là une mise en lumière abyssale des dérives mortifères de notre société de consommation. Les principaux pollueurs ne sont pas des magnats passéistes de l'ancien monde carbo-addict, mais les figures les plus emblématiques de l'hyper modernité.


Ceci illustre que pour réussir à résoudre l'urgence climatique il ne suffira pas de nous débarrasser de l'ancien monde mais qu'il va nous falloir questionner notre modernité dans ses travers gloutons.


crédit photo : données ADS-B Exchange - Infographie France Info





To mow or not to mow ? Pour nos amis anglais au gazon légendaire, cette question quasi existentielle pourrait s'ajouter au fameux To be or not to be ? That is the question.


Car être attentif à la planète et à son équilibre écologique conduit à laisser sa tondeuse se reposer. C'est une action simple et reposante, à la portée de chacune et chacun d'entre nous pour agir à notre niveau pour l'eau, le sol, la biodiversité et in fine le climat.


Rappelons nous que quand il pleut sur un sol naturellement végétalisé 10% seulement des eaux filent directement à la rivière pour retourner aux océans, tandis que 20% de cette eau est retenue par les sols vivants et les nappes phréatiques pour alimenter durablement le bassin versant et indirectement la rivière. Surtout lorsque il pleut, 70% de cette eau est évaporée par la végétation, les arbres, les prairies. Elle est ainsi filtrée par ces mêmes plantes et participe localement au cycle du vivant. Elle irrigue et nourrit le biotope.


Imaginez maintenant ce qui se passe sur la surface d'une zone bitumée comme dans les zones commerciales, les rues goudronnés, les terres desherbées ou les espaces privés de leur végétation arborée. L'eau de pluie part à la rivière et n'est plus filtrée par les végétaux. Les sols deviennent arides et les nappes phréatiques s'essoufflent.


De même prenez un sol sans herbe en été la température y avoisine les 50°C. Une pelouse tondue réduit la température de quelques degrés, une prairie libre préserve le sol de dix à vingt degrés, un espace végétalisé à couvert d'arbre maintient une ambiance tempérée.


Enfin un terrain végétalisé non tondu et arboré est un réservoir merveilleux à biodiversité pour les insectes, pour les graminées et même pour certains petits mammifères.


Le cycle de l'eau, de la vie, a besoin de végétaux vivants pour fonctionner. Terres, herbe, plantes et arbres forment un écosytème où chacun joue son rôle. Supprimer l'un, tondre l'autre, trop tailler d'autres encore... et c'est le biotope qui se trouve déséquilibré. Alors une bonne idée pour cet été... offrir des vacances à nos tondeuses. Nous y gagnerons en eau, en chaleur, en biodiversité... et le climat y gagnera.


Altermonde vous souhaite un bel été pour profiter d'un peu de repos.

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