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Regard d'Actu



Un siècle d'humanisme s'en est allé cette nuit rejoindre les ombres. Edgar Morin a eu rendez-vous avec son premier ouvrage L'homme et la mort, paru en 1951.


75 ans d'une pensée majeure, puissante, inspirante pour nous tous, et pour l'étudiant & futur docteur en sociologie que je fus. Un de mes repères. 


Morin, pour son engagement dans les armées de l'ombre, son nom dans la Résistance comme combattant volontaire puis lieutenant des Forces françaises combattantes.

Edgar, comme un écho au "regard" puissant qui est le sien sur le monde. Il a traversé le siècle.

Ses enquêtes sociologiques, je pense à La Métamorphose de Plozévet, qui observe la confrontation avec la modernité vivante d'une commune bretonne, ou à La Rumeur d'Orléans, où il décortique le processus du bouche-à-oreille qui conduit à accuser des commerçants juifs de kidnapper des jeunes filles, sont d'une actualité toujours vive, quand notre monde est confronté à sa propre modernité sans parvenir à la digérer et fait face à la pensée irrationnelle et envahissante des réseaux sociaux.


Il faudra pas moins de six volumes à Edgar Morin en une trentaine d'années pour nous faire partager sa Méthode et tenter de nous permettre d'appréhender la complexité qui irrigue la connaissance et les questions humaines, sociales et politiques. 

104 année, de quoi construire une pensée profonde et puissante. De quoi vivre et combattre. Toujours prêt à la résistance. 



Edgar Morin nous laisse seuls face à la complexité du monde. "Il faut espérer l’improbable et travailler l’impossible" affirmait-il comme pour conjurer celle-ci et tendre vers l'espérance. 

A nous de trouver dans moins de programmation parfaite, de davantage d'adaptation, de plus d'agilité, d'une perception plus globale et transdisciplinaire et surtout par une écoute active, critique et empathique les chemins de construction de notre avenir commun.


Merci Edgar pour cette vie d'un siècle inspirante et cette pensée foisonnante et puissante.

pour le repos éternel

Un homme d'Etat s'en est allé, un Premier Ministre efficace, un porteur intègre des valeurs socialistes et plus largement de la gauche plurielle, qu'il a su incarner à la tête du gouvernement sans parvenir à la traduire dans un succès politique aux élections présidentielles.

Il fut un travailleur acharné, un homme de rigueur et de devoir, un homme épris de justice et de droiture.

Toutes nos condoléances à son épouse Sylviane et à ses enfants Eva, Hugo et Daniel.

R.I.P.


La nuit précédente la Charte des Nations Unis dans son article 2.4 a été violé, lequel précise « Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »


Ainsi dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, vers 2h du matin, le ciel de Caracas s'est remplit du bruit sourd d’hélicoptères volant à basse altitude. L’opération, nommée par le Département de la Défense américain, est déclenchée : des assauts héliportés touchent l’enceinte militaire tandis que des frappes ciblées visent à neutraliser les défenses anti-aériennes. Préparatis à la cible réelle objectif : le bâtiment où réside le président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores.


Des équipes de la Delta Force et du 160th Special Operations Aviation Regiment pénètrent le complexe en moins de vingt minutes. La résistance vénézuélienne est brève mais violente. Les bilans font état d’au moins 80 morts parmi les militaires et civils présents, et plus de 90 blessés. Côté américain, deux soldats seraient blessés.


Maduro et Cilia Flores sont extraits du site avant l’aube. Ils sont immédiatement transférés hors du pays par voie aérienne. L’annonce officielle américaine présente l’action comme l’arrestation d’un individu recherché pour trafic de drogue et crimes transnationaux, en vertu de la compétence extraterritoriale revendiquée par Washington.


Point final. A moins que ce ne soit le point de départ d'une bataille juridique intense aux USA. Car l'opération, qui contrevient au droit international, est elle-même questionnée en droit américain.


Washington justifie l’action par la compétence extraterritoriale pénale, s'appuyant sur le Foreign Narcotics Kingpin Designation Act et des textes sur le narcoterrorisme pour revendiquer une juridiction sur des actes commis à l’étranger si des citoyens US sont visés.

Cependant la saisie d’un chef d’État en exercice sur son territoire pose la question de l’immunité souveraine reconnue par le droit coutumier international et de la de 1973 qui encadre l’engagement de forces armées US sans accord du Congrès.


Le débat juridique portera donc sur la frontière entre opération de police internationale et acte de guerre unilatéral.


L'affaire ne fait que commencer.

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