La démocratie sud coréenne réaffirmée
- Didier Guenin
- 9 juin 2025
- 2 min de lecture

La Corée du Sud vient d'élire Président Lee Jae-muyng, député du Parti Démocrate avec 49,4% contre 41,2% au candidat conservateur.
Cette élection a suscité un vif intérêt chez les électeurs coréens qui avec une participation de 79% se sont déplacés en masse pour aller voter. Il est vrai que le contexte de ce rendez-vous électoral était très particulier.
Il vient dénouer la plus grande crise politique de l'histoire démocratique de la Corée du Sud. Les coréens ont semblent-il par leur vote massif voulu réaffirmer leur attachement à la démocratie.
Ceci était d'autant plus nécessaire que le 3 décembre dernier celle-ci avait vacillé quand le président Yoon Suk-yeol, issu du parti conservateur (le Parti du Pouvoir du peuple) avait proclamé la loi martiale, sous un prétexte inconstitutionel.
Face à cette tentative de coup d’État, la rue et les institutions ont résisté et surmonté l'épreuve. Les manifestations immédiates qui ont vu des millions de Coréens protester et la réaction du Parlement qui a destitué le Président putchiste ont marqué les premiers pas d'une contestation populaire et institutionnelle de cet acte attentatoire à la démocratie.
Les tentatives infructeuses d'arrestation, puis l'arrestation effective, avant une libération et pour finir la destitution par la Cour constitutionnelle prononcée le 3 avril 2025. Sans parler de l'attitude controversée du Vice-Président. La Corée du Sud aura vécu six mois particulièrement agités de son histoire.
A une époque pour les pays démocratiques connaissaissent des trajectoires incertaines où des dirigeants élus jouent sur les lignes et exploitent les flous institutionnels pour asseoir un pouvoir personnel aux relents, ce retour sur les rails et la réaction populaire sont des motifs d'espérance.
Ils ne doivent cependant pas masquer les sous-jacents de cet épisode dramatique : une classe politique, en Corée comme ailleurs, déconnectée des préoccupations des citoyens, où des politiciens arcboutés sur leur réélection immédiate et leur carrière politique s'abstiennent de s'attaquer aux causes profondes des maux sociétaux pour se contenter de surfer sur l'écume mediatique.
Et correlativement des citoyens qui s'éloignent des débats politiques et se recroquevillent sur la jouissance de leur confort pour certains et la gestion difficile de leur inconfort pour beaucoup.
Si on ajoute le caractère périlleux de la situation géopolitique, et la Corée du Sud est en première ligne, si on compte le péril systémique climatique, si on prend en compte les déséquilibres économiques, la question démocratique prend une tournure subsistancielle. La course du monde s'est accélérée. Les évidences progressistes ont cédé la place à un magma d'incertitudes où les courants contraires effacent toute ligne directrice.
Et si les questions démocratiques, écologiques, économiques et géopolitiques n'étaient que les quatre faces d'une équation pyramidale, pour laquelle il convient urgemment d'inventer un nouveau modèle de société pour stabiliser le monde. Repenser la démocratie pour qu'elle redonne son sens au monde : un altermonde.





Commentaires