top of page

ALTERMONDE

Regard d'Actu



Ce soir il fait un froid polaire sur l'Amérique.


Symbole s'il en est la cérémonie d'investiture de Donald Trump se réfugie à l'intérieur du Capitole, tant la démocratie est ce soir frappée de glaciation.


Donald Trump prend la parole pour dire que l'âge d'or de l'Amérique commence aujourd'hui. Rien moins que çà ! Il ajoute que si Dieu l'a sauvé de l'attentat c'est pour qu'il rende sa grandeur à l'Amérique. Ben voyons ! Les invités exultent et de lèvent applaudissant idolâtrement le grand homme.


Seul Jo Biden reste assis et quelques élus démocrates, faibles rempart face à la déferlante trumpiste.


L'Amérique meurtrie croit se reconnaître en cette caricature d'elle-même. L'irrationnel et la soumission des masses poussés à leur extrême produisent cette fois encore les mêmes effets sur le peuple hypnotisé.


Les mots de Jo Biden résonnent prophétiques "une oligarchie prend forme en Amérique faite d'extrême richesse, de pouvoir et d'influence qui menace déjà notre démocratie entière, nos droits élémentaires, nos libertés, et la possibilité pour chacû d'avoir une chance équitable de s'en sortir."


A les voir alignés aux premières loges, les Musk, Zuckerberg, Bezos, Cook et même le français Arnault, on voit toute la vérité des propos de Jo Biden et on ne peut s'empêcher de penser au Prix Goncourt 2017, l'ordre du jour d'Eric Vuillard qui narre ce 20 fevrier 1933 quand les Krupp, Siemens, Oppel et autres font allégeance au chancelier élu un mois plus tôt Adolphe Hitler.


Alors que l'Amérique s'est livrée à Trump, que le Canada s'entredéchire, que la France s'embourbe et que l'Allemagne s'affaiblit, que reste-t-il des grandes démocraties ? La question mérite hélas d'être posée...


Et pendant ce temps la Corée du Sud semblait emboîter le pas avec l'instauration le 3 décembre de loi martiale par le Président Yoon Suk Yeol au motif fallacieux de «forces antiétatiques» qui menaceraient de l'intérieur le pays en plus de la menace de la Corée du Nord.


Mais ce 14 décembre 2024, un sursaut démocratique a conduit le parlement sud-coréen à voter l'ouverture d'une procédure de destitution du président Yoon Suk Yeol.


Suite à quoi le Vice-Président Han Duck-soo, Président par interim a refusé de nommer les trois juges vacants sur neuf à la Cour constitutionnelle, bloquant par cette manœuvre la validation de la destitution.


Nouveau coup de théâtre le 27 décembre. Face à cette situation, le Parlement sud-coréen a voté la destitution de Han Duck-soo, président par intérim du pays, au motif que son attitude aggrave la crise politique, par 192 voix sur 200 députés.


Reste à la justice coréenne de parvenir à entendre le Président destitué. Ce serait une étape supplémentaire dans l'affirmation de la primauté du droit en democratie. Le monde, en ces temps où les cieux sont bien gris et l'horizon barré de noirceur, a besoin d'un tel signal d'espérance démocratique.


Les américains ont voté et ont élu Trump pour nouveau mandat, quatre années après lui avoir préféré Joe Biden.


De ce côté-ci de l'Atlantique c'est l'incompréhension. Comment un homme qui s'est mis à la faute par rapport au processus démocratique (en refusant de reconnaître sa défaite et en incitant ses supporters pour qu'ils aillent au Capitole), un homme qui a plusieurs procès pour paiement dissimulé et corruption, un homme dont les rapports aux femmes sont peu compatibles avec le féminisme et qui tient des propos outranciers, comment un tel homme peut-il séduire les américains. Surtout que victoire est claire en nombre de grands électeurs et en nombre de voix?


C'est là mal comprendre l'électeur américain de Trump. Le génie communicationnel de Trump est de faire coïncider ses frustrations de milliardaire bafoué dans ses désirs avec le sentiment de frustrations d'une majorité d'américains et permettre ainsi à l'électeur de s'y identifier.


Les médias progressistes n'ont eu de cesse que de brocarder le “moi je” de Trump. Et ses adversaire politiques également.


C'est justement en exhibant son moi blessé aux américains que Trump leur a permis de s'identifier.


La majorité des américains ressentent un décalage douloureux entre leur rêve d'une grand Amérique et leur réalité au quotidien.


Trump incarne une Amérique vieillissante et déclinante qui se voile la face par un autobronzant dégoulinant. Il personnifie un américain qui surjoue sa virilité face aux minorités et à l'égalité femmes hommes. Il aboie donnant de la voix à ceux qui n'osent se plaindre de leur sort. Il trouve un écho dans une Amérique profonde qui voit son pouvoir d'achat fondre comme neige sous le réchauffement climatique. Cela est d'autant plus facile que les américains ignorent le monde et le réduisent au flux migratoire.


Cette Amérique le genou à terre se reconnaît tripalement en Trump, ce d'autant plus qu'il tient un langage de “guérisseur”. C'est habile. Plutôt qu'un chemin policé que proposaient les démocrates Trump éructe la douleur ressentie et l'ombre d'un rêve américain comme potion magique.


Le monde va composer à compter de janvier avec le 47ème président élu des États-Unis d'Amérique.

A propos

Altermonde est un Think Tank qui depuis 2002 a pour projet d’inventer un nouveau monde, équitable, solidaire ; de promouvoir, par une logique de don dans l’espace et dans le temps, une politique de répartition de la richesse, dans le respect de la justice sociale, qui pèse chaque décision à l’aune de ses implications globales, locales et durables.

Abonnez-vous

Merci!

© 2023 par Altermonde.

bottom of page