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ALTERMONDE

Regard d'Actu


ous l'impulsion de Joe Biden se tient en réunion digitale le sommet des leaders politiques mondiaux pour le climat. Il regroupe 40 dirigeants planétaires.


En introduction du sommet Joe Biden annonce que les USA baisseront leurs émissions de CO2 de 50 à 52% à horizon 2030.


Que la première puissance mondiale se préoccupe enfin du climat après quatre années de climatosceptisme trumpiste est en soi une bonne nouvelle. A preuve quarante chefs d'État se sont sentis obligés de participer. Et les annonces des USA créent une dynamique positive qui a conduit le Royaume Uni par exemple à revoir à la hausse ses ambitions en annonçant cette après-midi une ambition de baisse de 78% de ces émissions de CO2 en 2035. De même le Japon a porté son ambition à -46% par rapport à 2013 (contre -26% précédemment).


Bien sûr les citoyens du monde peuvent légitimement être sceptiques face à des annonces globales et distantes dans le temps. Nous n'en sommes pas au premier sommet et tant d'annonces politiques n'ont pas été suivies d'effet. Le scepticisme ambiant renvoie chacun à sa propre inaction. Pourtant chaque citoyen a le pouvoir d'agir. Il est consommateur et un émetteur de CO2. Si chaque citoyen agissait les émissions mondiales baisseraient. Nous ne pouvons donc pas tout attendre des états.


La situation n'est plus à jouer les insatisfaits ou défaitistes, l'urgence climatique est là, pressant. Nous connaissons la voie de la limite de la casse à une hausse de +1,5°C global : il nous faut collectivement réduire de -45% (par rapport à 1990) les émissions d'ici 2030 et arriver à la neutralité carbone en 2050. Alors quand la 1ere puissance économique mondiale double des ambitions (-26% à -28% par rapport à 2005) pour les porter à -50% à -52% c'est un grand pas dans la bonne direction.


Ainsi et sous réserve de nouvelles annonces nous en sommes désormais à des ambitions encore insuffisantes mais mieux orientées qu'à l'issue de la Cop21 :


- Chine : neutralité carbone en 2060


- Etats Unis : -50 à 52% en 2030


- Europe : -55% en 2030 et neutralité carbone en 2050


- Royaume Uni : -78% en 2035


- Japon : -46% en 2030


Ces 31 pays représentent plus de la moitié des émissions des 195 pays de la planète. ( A noter que la baisse d'émission n'est pas comptabilisée depuis les mêmes dates par les différents pays, et que plus la référence est récente, moins l'ambition est forte).


Bien sûr, il va falloir tenir ces objectifs. Et que la baisse se voit rapidement pour répondre à l'urgence climatique.




Le dernier classement annuel « DEMOCRACY INDEX 2020 » est paru. Il mesure pour les 167 principaux pays de la Planète le degré de démocratie selon 4 niveaux :


· Les démocraties accomplies


· Les démocraties imparfaites


· Les régimes hybrides


· Les régimes autoritaires


La moitié des pays (85) sont réputés démocratiques parmi lesquels seuls 23 sont qualifié de pleine démocratie. Et un tiers (57) sont qualifiés de régimes autoritaires.


La France, notamment du fait de la manière hyper centralisée dont le Président de la République gère la crise du Covid19 (selon les auteurs de cette étude), se voit déclassée dans les démocraties imparfaites.


La pandémie a mis les différents pays à rude épreuve, questionnant de manière très directe la façon dont les pays pratiquaient la démocratie, associant ou pas les citoyens directement ou via les corps intermédiaires à la prise de décision. Ainsi un certain nombre de pays voient leur notation dégradée sur la manière dont ils ont réussi à conjuguer les actions de prévention sanitaire avec la préservation des libertés individuelles et la praxie gouvernementale.


Sur le long terme, si l’engagement politique des citoyens connait sur les douze dernières années une évolution favorable, le fonctionnement démocratique des gouvernements est orienté à la baisse (de 5.0 à 4.7) légère ainsi que le pluralisme et le fonctionnement électoral (6.1 à 5.8). Plus inquiétant les libertés individuelles civiles connaissent une forte érosion (6.4 à 5.5). Ceci ne peut que nous interroger sur l'évolution de nos sociétés et la place du citoyen.


La place croissante des réseaux sociaux et de l'information instantanée à redonné au sensationnel, aux petites phrases et aux émotions une place déterminante dans la communication politique. Cela favorise l'émergence d'hommes providentiels, on l'a vu avec Trump, Bolsonaro ou Orban. Sur le mode fantasque, polissé ou autoritaire on voit refleurir des dirigeants qui exhibent un ego sur dimensionné pour attirer par l'emphase les électeurs, Johnson, Macron, Erdogan illustrent cette réalité. La démocratie est la gestion du peuple par le peuple et repose sur une structure équilibrée de délégations de pouvoir. On en vient souvent à une gestion du peuple par un délégué adoubé par une partie du peuple. Car aux dérives populistes qui consistent à brosser l'électeur dans le sens de ses plus vils penchants, s'ajoute l'apathie d'une société de consommation qui se paupérise et où chacun se replie sur soi, se détournant de la chose publique et collective pour trouver refuge dans la sphère privée et s'immerger dans la gestion de ses propres problèmes, loin des tracas du monde anxiogènes. Il en résulte une participation électorale moindre et donc une surrepresentation accrue des voies pour les leaders visibles par leur excès.


Prenons l'exemple américain. Si Trump a bien été élu démocratiquement, sa pratique brutale du pouvoir, autocratique, dans le mépris des femmes, des minorités et plus largement de tous ceux qui n'étaient pas à sa botte, sa façon clanique de gérer les affaires, ont été une pratique antidémocratique.


Et pourtant à peine 3% séparent les deux candidats !!! C'est dire combien cette façon antidémocratique d'agir peut porter de fascination pour certains. C'est dire combien la détention du pouvoir déséquilibre les rapports de force. Trump aura été le plus emblématique, parce que le Président de la première puissance, mais il y a beaucoup d'autres Trump au pouvoir, de par le monde, a tous les étages du pouvoir, a la tête des échelons nationaux, régionaux, communaux. Combien d'hommes, ce sont souvent des hommes, se sont construits des espaces de pouvoir quasi inexpugnables et règnent en autocrates, privilégiant leur clan, pratiquant le clientélisme. Ce sont mis bout à bout ces accros plus ou moins importants à la démocratie qui mettent en péril notre démocratie. La plupart des dictateurs sont venus au pouvoir par la voie démocratique suivie d'une transgression plus ou moins subtile ou brutale.


Puisse cet exemple avorté d'un dérapage antidémocratique que constitue Trump nous faire réfléchir sur nos pratiques et nous conduire vers le 0 tolérance de ces dérives. Puisse cet exemple nous faire réfléchir sur les attentes de nos concitoyens, car si un Trump a émergé c'est aussi parce que des attentes légitimes du peuple n'avaient pas été entendues par les dirigeants.


Nos démocraties perdent la tempérance que le siècle précédent leur avait permis d'acquérir en réponse à l'abyme et à l'horreur de la dernière déflagration guerrière mondiale. Or la démocratie n'est pas un acquis. L'histoire nous apprend qu'elle est un moment instable. Il y a donc lieu de la cultiver pour la faire perdurer. Il faut réinventer les contre-pouvoirs, l'équilibre des pouvoirs, la place du débat, l'indépendance critique des médias, le rôle actif du citoyen.


La qualification des Etats repose sur une analyse en 60 points portant sur les processus électoraux (élections, élaboration des lois, financement de la vie politique…), le fonctionnement gouvernemental (équilibre des pouvoirs, position des militaires, corruption, confiance des citoyens…), l’implication des citoyens (taux de participation, égalité femme/homme, représentation des minorités, engagement citoyen…), culture démocratique (consensus social, place des experts, laïcité…) et libertés civiles (liberté des média, liberté d’expression, droit de pétition, indépendance de la justice…). Il ressort de ces soixante points une note sur 10. Les pleines démocraties ont une note supérieure à 8. Les régimes autoritaires ont une note inférieure à 4.


En 2020 les pleines démocraties sont : Norvège, Islande, Suède, Nouvelle Zélande, Canada, Finlande, Danemark, Irlande, Australie, Pays-Bas, Taïwan, Suisse, Luxembourg, Allemagne, Uruguay, Royaume-Uni, Chili, Autriche, Costa Rica, Maurice, Japon, Espagne, Corée du Sud.


En 2020 la Corée du Nord est le pays le moins démocratique avec une note de 1.08. Les 20 pays les plus autoritaires sont : Corée du Nord, République Démocratique du Congo, République Centre Afrique, Syrie, Tchad, Turkménistan, Laos, Guinée équatoriale, Tadjikistan, Yémen, Libye, Arabie Saoudite, Ouzbékistan, Burundi, Erythrée, Iran, Chine, Bahreïn, Soudan, Biélorussie.


Il y a urgence à réinventer nos pratiques démocratiques modernes si nous voulons que vive la démocratie, car celle-ci est fragile !


La crise de l'épidémie de Covid19 est un révélateur de l'état de nos démocratie.

Il est donc pertinent de tirer les enseignements de ce qui a fonctionné et de ce qui est un désastre dans la gestion de cette crise, car nous avons devant nous la crise du réchauffement climatique hélas plus terrible encore.


Nous y arriverons si nous faisons tomber les jougs nombreux qui cadenassent nos sociétés, notre agir individuel ou collectif, et nos modes de penser. Protégeons nous aujourd'hui et Inventons demain. Inventons une société juste, solidaire, fraternelle, respectueuse de la Planète et des Uns et des Autres dans leur diversité. Prenons fraternellement soin les uns des autres.






Rarement les médias n'ont été à ce point déformants et nous sommes bombardés d'informations contradictoires. Quand les chiffres ou les faits ne sont pas biaisés, voire montés en épingle. Dès lors chacun se bat avec sa vérité erronée. Cette épidémie met en évidence la carence médiatique et soulève une question d'équilibre démocratique qu'il faudra résoudre.


Jamais notre pays, comme d’autres, n’aura compté autant d’experts médicaux que durant cette pandémie, quasiment autant que de spécialistes du football lors du dernier mondial. En cela, rien d’anormal ; en temps de crise il est même sain que chacun puisse s’exprimer, c’est un bon moyen d’exorciser ses propres craintes. Sans doute serait-il néanmoins plus sage que chacun s’exprime en fonction de ses compétences et choisisse pour ce faire l’angle adéquat ; cela aurait le mérite de faire circuler une parole informée avec les controverses indispensables qui nourrissent l’élaboration du savoir.


Hélas, trop d’expressions relèvent dans le meilleur des cas du café du Commerce, ceci-dit il ne faut pas mésestimer leur utilité psychosociologique, et dans le pire des cas du colportage broussailleux de fake-news et de théories farfelues ou complotistes. Cette seconde réalité est plus problématique pour la cohésion sociale, même si elle est sans doute inévitable, tout particulièrement dans une société hyperconnectée comme la nôtre.


Plus grave est la fragilité, pour ne pas dire le biais, d’informations auxquelles nous sommes confrontés. Le manque flagrant de véracité dans les informations télévisuelles, tout comme les effets de communication vibrionnants des pouvoirs publics, sont hautement anxiogènes. Or dans une crise chacun a plus que jamais besoin de repères. Or ceux sur lesquels nous devrions pouvoir nous appuyer nous font défaut.


Ainsi il arrive que des ministres se contredisent les uns les autres dans la même semaine, ou contredisent les expressions publiques des experts qui les conseillent, avant que de se contredire une nouvelle fois en mettant en place tardivement les propositions de ces mêmes experts.


Parallèlement nos médias nous renvoient une vision totalement biaisée de ce qui se passe en France et hors des frontières de l’hexagone. Nous voyons par le petit bout de la lorgnette ce qui se passe dans tel ou tel pays.


Ainsi les media sans recul nous assénent des chiffres parcellaires de l'épidémie dans d'autres pays. Alors que comparer à un instant donné les chiffres de deux pays est un contresens, car il ne faut pas confondre temporalité et chronologie. Pour avoir un début d’analyse, encore conviendrait-il de recaler les courbes pour raisonner sur la chronologie intrinsèque de l’épidémie et non pas sur la temporalité universelle.


Autre exemple, régulièrement tel ou tel journal télévisé nous gratine d’un reportage sur la situation dans tel ou tel pays africains, avec des poncifs dignes de Tintin au Congo, nous y annonçant l’imminence d’une catastrophe, alors même que pour de multiples raisons la circulation virale est globalement modérée en Afrique.


Que comprendre alors de l'épidémie ?


S'en remettre aux faits pour voir la situation de l'épidémie de Covid19 en face.


S'agissant du monde, la situation est contrastée. Pour deux tiers des pays la situation est maîtrisée ou modérée. Pour un tiers des pays l'épidémie est forte à violente.


Ainsi les pays s'en sortent très différemment entre des pays comme la Corée du Sud, la Norvège et la Nouvelle Zélande où la situation est maîtrisée. Et d'autres connaissent une situation compliquée comme le Royaume Uni, les États-unis ou la France, l'Italie ou l'Espagne avec plus de 1.000 morts hélas par million d'habitants.


Comparer les pays est chose délicate à l'instant t, dans la mesure où chaque pays a sa propre chronologie (date d'apparition, facteurs de frein à la propagation). Il convient donc de se regarder les chiffres avec prudence et en dynamique.


Pourquoi nos médias ne mènent-ils pas des investigations au Japon, en Nouvelle Zélande ou en Norvège pour ne prendre que ces quelques exemples, afin de comprendre ce qui se passe dans ces pays et essayer d’expliquer pourquoi l’épidémie de Covid19 y est statistiquement moins virulente.


S'il y a dans ces différences de situation des savoirs à aller chercher, ce n'est pas en se comparant dans une inutile compétition de cours de récréation, mais en allant chercher des éléments de compréhension partagée. Identifier des bonnes pratiques serait de nature à partager des voies d’amélioration à disposition de tous.


Le développement de l’épidémie obéit à des lois de propagation qui se moquent de la nationalité de leur espace mais intègrent les freins à la circulation rencontrés au travers des mesures de barrières et de distanciation mises en œuvre.


Quelques certitudes cependant s'agissant d'une épidémie.


Toute épidémie est une course de vitesse. A la promptitude de réaction dans la mise en place des mesures de réduction de la propagation virale, s'ajoute désormais celle de la rapidité de la campagne vaccinale.


Toute épidémie est une course de longue haleine. La covid19 ne s'arrêtera pas à la deuxième vague en cours. Les virus sont éminemment plus anciens que nous. Et leur capacité est puissante à trouver des reservoirs, à temporiser puis à se propager rapidement dès que le terrain est favorable. Les vagues se succéderont tant que des humains seront susceptibles d'être contaminés.


Il y a un paradoxe et un équilibre complexe entre mesures barrière qui protègent provisoirement et acquisition d'une immunité qui protège à plus long terme. La pertinence d'une stratégie sanitaire se mesure hélas in fine au nombre de morts évités. Cette stratégie repose sur une combinaison plus ou moins réussie de décisions sanitaires protectrices immédiates et urgentes, de capacité médicale et hospitalière à soigner, et de stratégie immunitaire sur la durée.


Au-delà des limites numériques de notre système de santé, grandement compensée par la robustesse de l’engagement personnel des équipes hospitalières, au-delà de l'insuffisante capacité de notre technostructure à s’adapter au réel mouvant et fluide, ce que révèle cette épidémie de Covid19 ce sont les trop nombreuses défaillances dans la production d’informations fiables, vérifiées et objectivées de la part de nos média.


Pour avoir un débat démocratique, encore faut-il que chaque citoyen dispose de la réalité des données pour forger sa propre conviction. Si tel n’est pas le cas, le citoyen perd de sa capacité autonome à réfléchir pour être instrumentalisé et stimulé en vue d’une réaction préformatée !


Il y a sans doute urgence à repenser la qualité du partage de l’information, car sans diagnostic partagé sur la base de données fiables, vérifiées et objectivées il n’y a point de construction solide possible.


Il y a donc urgence à tirer les enseignements organisationnels et societaux de cette crise.


Surtout que, pour que terrible que soit cette épidémie de Covid19 que nous traversons, celle-ci est hélas peu face aux menaces que le réchauffement climatique fait peser sur nos sociétés. Si nous abordons cette crise climatique en cours comme nous l’avons fait pour l’épidémie de Covid19 il y a beaucoup de mauvais sang à se faire !

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