Le réchauffement climatique estival brûlant de vérité.
- Didier Guenin
- 29 juil.
- 2 min de lecture

Démarré le 28 juillet le thermomètre a de nouveau franchi depuis 4 jours les lignes qui définissent une canicule. Pour combien de temps ? Août nous le dira. C'est déjà la quatrième vague de chaleur de l'année !
Nous avons désormais 30 jours cumulés de canicule depuis la mi-juin. Alors qu'en 2022, qui faisait figure d'année chaude, nous avions totalisé 33 jours sur toute l'année. Or nous ne sommes que le 31 juillet.
En effet du 21 au 30 mai, 10 jours de fortes chaleurs nous avaient surpris par leur précocité.
Puis juin est arrivé. Du 17 au 30 juin. 14 jours d'affilée. L'épisode le plus intense jamais mesuré. Ainsi le 24 juin, la France a vécu sa journée la plus chaude de son histoire moderne avec un Indice de Température Nationale à 30,018°C. Avec un record absolu de 45,2°C à Romorantin-Lanthenay (base de Pruniers) ; et 72 départements en rouge. Avec des conséquences sanitaires qui se mesurent en surmortalité.
Juillet a pris le relais le 4 juillet pour 16 jours de plus et est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré depuis 1900.
Et pour ceux qui voient en 2026 l'été le plus chaud, ce n'est qu'un début. Ce que nous vivons n'est pas une anomalie. Dans les années à venir nous regarderons 2026 en enviant ses températures modérées...
En effet ce que nous connaissons n'est que le début de ce qu'une étude prospective de la Ville de Paris prévoit d'ici la fin du siècle.
L'étude du LSCE de Pascal Yiou en 2024, sur tous les modèles CMIP6 du GIEC, est claire : 50°C à Paris est possible dans tous les scénarios. Dans le scénario au fil de l'eau : 50°C dès 2049. Dans le scénario intermédiaire : 2070. Seul le scénario qui nous maintient en deça des 2°C, pourrait éviter le pire. La Mission "Paris à 50°C" votée en 2022 par le Conseil de Paris a rendu 85 préconisations pour s'y préparer.
Les 52 jours de vague de chaleur que nous cumulons en 2026 ne seront bientôt qu'un été frais. Car depuis la COP21, nous émettons de plus en plus. Alors que 12 décembre 2015, 196 pays signaient l'Accord de Paris pour tenir le monde "bien en dessous de 2°C". Dix ans plus tard, le bilan du Global Carbon Project pointe implacablement notre incapacité collective.
En 2015, nous émettions 34,6 milliards de tonnes de CO2 fossile. En 2025, nous en sommes à 38,1 milliards de tonnes. +10%.
Et en incluant les autres gaz à effet de serre, notamment le méthane, les chiffres sont encore pire. L'année 2024 a battu tous les records avec 57,7 milliards de tonnes équivalent CO2 tous gaz confondus, +2,3% en un an.
Nous avons désormais moins de 170 milliards de tonnes de budget carbone jusqu'en 2050 pour rester sous 1,5°C. C'est moins de quatre ans de nos émissions actuelles.
Le PNUE l'a calculé : avec les politiques actuelles, nous allons vers +2,8°C. Il y a dix ans, nous allions vers +4°C. Nous avons légèrement infléchi l'accélération, mais sans cesser d'accélerer. Alors qu'il nous faudrait freiner brutalement.





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