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ALTERMONDE

Regard d'Actu


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Cette photo publiée il y a quelques heures par Trump sur sa page officielle ne va pas manquer d'alimenter les discussions (en écrivant ces lignes nous avons bien conscience d'y contribuer également hélas... mais le silence ou l'indifférence ne seraient-ils pas pire).Que vont ressentir les catholiques de par le monde. Comment pourraient-ils ne pas de sentir bafoués ? 


Combien d'Etat vont être choqués par l'usurpation visuelle d'un chef d'Etat par un autre chef d'Etat ?Et plus largement combien de femmes et d'hommes vont ils être blessés dans leur sensibilité humaine, leur compassion et leur conviction du respect que l'on doit aux défunts quelles que soient ses opinions et ses croyances ?Déjà qu'il est venu aux obsèques du Pape François en bleu vif, au mépris du dress code élémentaire (lui qui reprochait sa tenue à Zelensky dans le bureau ovale).


La publication de cette photo IA sur son compte officiel par Trump, relayé ensuite sur le compte officiel de la Maison Blanche, est l'expression d'une arrogance égotique compulsive et d'un mépris total pour ce qui fonde l'humanité, à savoir l'empathie et le respect.


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Et si de la déflagration actuelle naissait un autre monde ? Oublions la caricature de Trump. Derrière le slogan "Make America Great Again" l'américain moyen, celui des États intérieurs, l'électeur de Trump, comprend que l'Amérique n'est plus grande. Cette vérité la majorité des américains la ressentent, vivant au quotidien un décalage douloureux entre leur rêve d'une grand Amérique et leur réalité des fins de mois difficiles.


Car derrière les milliardaires de la Tech sur la côte ouest ou les familles historiquement fortunées de la côte est, à travers lesquels nous européens voyons encore l'Amérique, se cache une réalité de pauvreté et de désespérance. La majorité des américains ont vu leur pouvoir d'achat baisser cette dernière décennie.


Et Trump incarne cette Amérique vieillissante et déclinante qui se voile la face par un autobronzant dégoulinant. Il a su trouver un écho dans une Amérique profonde qui voit son pouvoir d'achat fondre.


La réalité des USA, depuis la chute du Mur de Berlin et l'émergence du libéralisme financier, repose sociologiquement et économiquement sur 2 piliers :


les prix bas des produits importés de Chine et du Vietnam qui maintiennent sous perfusion une majorité d'américains s'illusionnant avec eux sur leur capacité à acheter des biens au quotidien.


La force du bouclier américain qui incite tout pays allié des USA à acheter américain plutôt qu'autrement. Les USA échangeant de fait leur protection contre leur domination économique.


En deux mois Trump vient de balayer ces 2 piliers.

> Le second en février en marchandant son soutien à l'Ukraine et en menaçant le Canada et le Groenland, montrant à tous ses alliés que la protection des USA ne valaient plus tripette.

> Et le premier, maintenant début avril, en déclarant la guerre douanière au monde entier, certes, à la Chine principalement, mais avant tout à l'américain moyen qui va voir sa capacité à acheter fondre comme neige au soleil.


Si l'histoire est agitée par quelques personnages emblématiques, elle s'écrit néanmoins toujours sur fond de réalité sociologique et économique.


Il suffit de regarder la répartition mondiale du PIB pour voir cette réalité : les USA et la Chine se partagent la moitié des richesses mondiales. Quand la Russie n'est plus que l'ombre de ses missiles qui cachent mal le nain économique qu'elle est devenue.


Face à ce duopole, les 190 autres pays sont certes divisés mais il dessinent un monde aussi grand. En tête l'Union Européenne, suivie par quelques pays occidentaux qui du Royaume-Uni au Japon, en passant par la Corée du Sud et le Canada entre autres, s'ajoutent à l'UE pour former potentiellement le 1er espace démocratique et économique du monde. La guerre que vient de déclencher Trump et à laquelle vient déjà de repondre la Chine conduira immanquablement à une baisse globale du commerce mondiale, mais aussi et surtout à la réduction de l'espace cumulé des USA et de la Chine, laissant davantage de place aux 190 autres pays.


Quelle sera la capacité de l'Europe à exprimer un leadership nouveau ?


Quelle sera la propension des pays démocratiques occidentaux à rechercher des convergences ?


Et quelle sera la position des pays intermédiaires comme l'Inde, le Brésil ou la Turquie, Face à ce triptyque Occident hors US, USA et Chine ?


De la réponse à ces trois questions dépend le profil du nouvel ordre mondial, que la guerre économique entre Trump et la Chine vient de rebeloter.


Sans oublier les réactions internes aux USA, quand on voit déjà la Californie, la première économie des états fédérés réclamer une exemption douanière...


Le monde de demain s'écrit maintenant.


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Assurément un moment de bascule de l'histoire. Le Vice-Président et le Président des USA ont tenté de faire main basse sur les réserves minières de l'Ukraine en assénant au Président Zelensky que sans leur aide il n'était rien !


Que retiendrons-nous de cette scène surréaliste à la maison blanche ?



Le point d'enclenchement de la 3ème guerre mondiale ?


Une bouffonerie de plus dans une série déjà croquignolesque ?


Le début d'une soumission des pays encore démocratiques à un nouvel ordre mondial ?


Un moment catarcique qui conduit les pays européens à prendre leur destin commun en main et l'Europe à reprendre le flambeau ?


Pour répondre à cette question quelques éléments d'éclairage.


A commencer premièrement par les propos de Zelensky sur CNews à la sortie de la Maison Blanche, en réponse à Bret Baier qui lui a demandé s'il avait manqué de respect au Président, au Vice-Président et à l'Amérique ?


« Merci beaucoup. Tout d’abord, merci pour l’invitation, pour ce dialogue, et bonsoir à tout votre pays, à tous les Américains. Je suis très reconnaissant envers les Américains pour tout votre soutien. Vous avez fait énormément. Je suis reconnaissant envers le président Trump et envers le soutien bipartisan du Congrès, et je l’ai toujours été de la part de tout notre peuple.»


« Vous nous avez beaucoup aidés dès le début, ici, après trois ans d’invasion à grande échelle. Vous nous avez aidés à survivre et, quoi qu’il en soit, nous sommes des partenaires stratégiques. »


« Et même dans un dialogue aussi difficile, je pense que nous devons être très honnêtes et très directs pour bien nous comprendre, car c’est crucial pour nous. »


« Au président Trump — et avec tout le respect que je lui dois pour vouloir mettre fin à cette guerre — je dis que personne ne veut y mettre fin plus que nous, car nous, en Ukraine, nous sommes en plein dedans, nous menons cette bataille pour la liberté, pour nos vies. »


« Je dis donc simplement que nous devons être du même côté et j’espère que le président est à nos côtés, avec nous, car c’est très important pour arrêter Poutine. Et j’ai entendu le président Trump dire à plusieurs reprises qu’il mettrait fin à la guerre, et j’espère qu’il le fera. Mais il faut exercer une pression sur lui avec l’Europe et tous les partenaires. »


« Je pense que ce dialogue aurait dû avoir lieu plus tôt pour comprendre où nous en sommes. Comme l’a dit, si je me souviens bien, le président Reagan : la paix n’est pas simplement l’absence de guerre. »


« Oui, nous parlons d’une paix juste et durable, de liberté, de justice, des droits humains, et c’est pourquoi j’ai dit que je pensais qu’un cessez-le-feu était nécessaire, mais vous savez, Poutine a violé vingt-cinq fois un cessez-le-feu au cours de ces dix dernières années. »


« Je respecte le président et je respecte le peuple américain, je pense que nous devons être très ouverts et très honnêtes et je ne suis pas sûr que nous ayons fait quelque chose de mal. »


« Je pense qu’il y a peut-être des choses que nous devons discuter en dehors des médias, avec tout le respect que je dois à la démocratie et à la liberté de la presse, mais il y a des sujets où il faut comprendre la position de l’Ukraine et des Ukrainiens, et je pense que c’est ce qu’il y a de plus important. »


« Nous sommes partenaires. Nous sommes des partenaires très proches. Nous devons être justes. Nous devons être libres »


L'homme assurément n'est pas ébranlé, il sait mettre de la distance entre la catarcie médiatique et la réalité géopolitique.


Deuxième élément d'analyse, au travers d’une observation sur la composition des délégations : 2 femmes 2 hommes pour l'Ukraine, 4 hommes pour les USA. Cette seule observation ne dessine-t-elle pas en soi deux visions du monde, l'une inclusive et moderne l'autre exclusive et archaïque ? Les deux hommes Zelensky et Trump n'appartiennent pas aux mêmes horizons.


Troisième élément, peut être faut-il observer Trump et se souvenir que ces quelques minutes s'inscrivent dans une accélération de l'histoire : le 20 janvier Donald Trump déclare lors de sa cérémonie d'ouverture "Nous deviendrons de nouveau une nation riche". C'est d'abord l'obsession de Trump, le barometre suprême est la richesse. C'est ensuite l'aveu que les USA sont pauvres. Et c'est est effet le ressenti et le vécu des millions d'américains moyens qui ont en résonnance voté pour lui.


Depuis une constance dans les déclarations de Trump, augmenter les droits de douanes pour remplir les caisses fédérales, acheter le Groenland, faire de Gaza unem lieu de villégiature pour riches, s'emparer des richesses minières de l'Ukraine. Trump raisonne en dollars et voit le monde comme une proie mercantile.


Enfin il est un quatrième angle d'analyse, géopolitique. Trump a fâché toutes les chancelleries occidentales. Après s'être mis à dos l'Amérique du Nord (Canada et Mexique) Trump se brouille avec l'Europe. Quels alliés les USA vont-ils conserver ?


L'équilibre mondial depuis la chute du Mur de Berlin et la montée en puissance de la Chine reposait sur un monde occidental de moins en moins prégnant, acceptant la main mise économique des USA en échange de sa protection militaire. Cet équilibre ce soir s'est fissuré. Renvoyant les USA dans un face à face solitaire avec la Chine. Et posant à l'Europe la question de sa souveraineté. 


1er marché économique mondial, l'Europe est un nain politique car elle a renoncé à sa souveraineté militaire et n'assure pas son autonomie économique stratégique. Ce soir l'Europe est renvoyée à elle-même. Il appartient à ses dirigeants de construire la réindustrialisation stratégique du vieux continent et d'en assumer militairement la défense. Sans forcément renier ses alliances mais en s'émancipant de ses dépendances.


L'avenir du monde se joue maintenant. L'Europe veut elle prendre le leadership de la démocratie, d'une vision appaisée, d'une société où l'économie est au service de l'homme et pas l'inverse, et d'une vision durable pour la planète ?


Le monde de demain est à construire.

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