top of page
Rechercher

Été brulant, le réchauffement climatique visible

Didier Guenin
31 août
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 sept.



Nous venons de vivre un été hors norme, probablement l'été le plus brûlant que l'homme ait connu.

De juin à août, les cartes météo n'ont cessé de rougir. 311 départs de feu recensés au 22 juillet, contre 75 en moyenne sur les vingt dernières années. 51 jours sans une goutte de pluie entre le 1er juin et la mi-août. Des sols selon Météo-France jamais aussi secs depuis 1976. Trois canicules en deux mois.

Bilan, 96.461 hectares partis en fumée selon les satellites de Copernicus, 119.000 hectares selon le comptage terrain du Ministère de l'Intérieur. Sept fois la moyenne des dernières années.

Les Landes ont vécu cet été un enfer.

Tout a commencé à Saumos, le 22 juillet. En fin de journée, 1 400 hectares sont déjà en cendres. Puis le vent du Sud-Ouest qui s'est levé pousse le feu dans la monoculture de pins maritimes particulièrement inflammable. En dix jours, l'incendie est devenu le plus vaste de France depuis le début du XXe siècle : quelques quarante milles hectares ravagés par les flammes.

Le bilan est terrible : quatre cents maisons détruites, des campings ravagés, 250.000 personnes évacuées du Bassin d'Arcachon, la plus importante évacuation en temps de paix.

Fontainebleau, aussi a connu le pire. 1.900 hectares parti en fumée, le plus grand incendie de son histoire. Quatre Canadair, un tiers de la flotte nationale, se sont relayés tournant au-dessus de la Seine pour écoper entre deux péniches, sous le regard des Franciliens.

Le Sud-Est n'a pas non plus été épargné. Dès juin, le Lot-et-Garonne subissait les flammes. Puis début juillet, le feu du Canigou : 4.500 hectares, 10.000 personnes déplacées dans les Aspres. Le Gard, l'Aude, l'Ariège, la Drôme, le Var, fin juillet et en août, les incendies se sont démultipliés.

Aucune région n'a été épargnée. Ni pays.

À Gohrischheide, en Allemagne, on éteignait un feu au milieu d'un champ de munitions de la dernière guerre. À Monschau, en Belgique, on évacuait un quartier à cause d'un feu de 3.000 hectares.

La géographie des incendies n'est plus méditerranéenne. Elle est européenne. Le système européen EFFIS a compté 646.628 hectares brûlés dans l'UE au 31 août, soit 50% au-dessus de la moyenne 2006-2025.

L'Espagne, à elle seule, en a perdu 280.000. Un seul incendie, celui de Madrid, a avalé 75.000 hectares. L'Italie dénombre 91.000 hectares ravagés par les flammes. La Grèce, Le Portugal, la liste ne s'arrête pas là.

Le Royaume-Uni, qui n'avait jamais connu cela, a vu 29 000 hectares brûler, y compris dans le parc national des Cairngorms en Écosse. 3,8 millions d'hectares au Canada, 1,85 million aux États-Unis.

Devant cette liste de désolation la première pensée va aux pompiers qui ont combattu, pour certains au péril de leur vie. En France

Ils ont tenu avec 12 Canadair de 30 ans de moyenne d'âge, dont 5 seulement volaient le 24 juillet, au pire du feu de Gironde, les autres cloués au sol faute de pièces. Ils ont tenu avec 8 Dash, 36 hélicoptères, et les renforts de l'Europe. Même l'Armée de l'Air a du faire décoller un A400M pour la première fois, larguant du retardant.

Un sentiment d'impréparation, de non anticipation. Non seulement depuis la COP21 les gouvernements ne sont pas au rendez-vous de leurs engagements pour prévenir et limiter le réchauffement climatique, car c'est bien de cela dont il est question, mais rien ou quasiment rien n'est anticipé sur les effets de ce réchauffement. La lutte contre les incendies, les espaces urbains, les règles thermiques dans l'immobilier, la climatisation, les services sanitaires face à la surmortalité. Rien n'est prévu.

Pourtant personne ne peut dire qu'il ne savait pas. Les rapports du GIEC se sont succédés, clairs et précis dans leur constats et prévisions.

Mais au-delà d'être des témoins et conséquences du réchauffement climatique, les forêts brûlées, rien qu'en France, ce sont depuis le 1er janvier, 1,5 million de tonnes de carbone relâchées, selon Copernicus – un record chiffré à quatre fois la moyenne. Et donc une source supplémentaire de réchauffement climatique ! À l'urgence s'ajoute les drames qui amplifient l'urgence.

 
 
 

Commentaires


A propos

Altermonde est un Think Tank qui depuis 2002 a pour projet d’inventer un nouveau monde, équitable, solidaire ; de promouvoir, par une logique de don dans l’espace et dans le temps, une politique de répartition de la richesse, dans le respect de la justice sociale, qui pèse chaque décision à l’aune de ses implications globales, locales et durables.

Abonnez-vous

Merci!

© 2023 par Altermonde.

bottom of page